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Colloque — 13 et 14 septembre 2016 — Conservatoire National des Arts et Métiers, Paris

Penser les dimensions sociologiques et sociohistoriques du travail de ces cadres (thèmes pour l'appel à communications)

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Nous proposons de poursuivre ce travail de différenciation au sein des cadres, en portant l’attention sur les faiseurs et diffuseurs de dispositifs. Le colloque cherche des travaux qui pensent ensemble, et si possible dans une perspective sociohistorique, les différentes dimensions sociologiques du travail de ces cadres : l’organisation de leur propre travail, leurs tâches, outils, statut, emploi, activité, inscription dans une profession (ou pas), formation, trajectoires sociales, rapport à l’activité et à l’emploi, implication dans les rapports sociaux, leurs conditions de travail et d’emploi, comme les rapports de genre, race et classe.

Les communications pourront s’inscrire dans l’un des trois thèmes suivants ou chercher à les articuler. Dans chacun des cas, des questions de méthode sont transversales : quelles problématiques empiriques et théoriques soulève l’analyse de ces travailleurs ? Comment les nommer ? Comment les dénombrer ? Leur place et particularité doivent-elles faire évoluer nos catégories sociologiques et statistiques sur les cadres ? Comment la sociohistoire des cadres, d’un côté et celles des employés et ouvriers de l'autre, se déploient-elles·(différences, conflits, rapports d'exclusion ou indifférence·?). Peut-on construire des démarches communes et quel en serait alors l'enjeu ?

La nomination sociale et sociologique de ce fait émergeant est problématique dans la mesure où ces dispositifs relèvent souvent tout à la fois du « management », de « l’organisation », de l’« encadrement », de la « gestion ». Comment ces termes sont-ils eux-mêmes travaillés et bousculés par ces évolutions empiriques ? Quelles dénominations et concepts doivent être mobilisés ?

1. Sociohistoire des producteurs de dispositifs

Quelle histoire ou quelle généalogie de ces cadres peut-on dresser ? Comment s’est construite leur place dans la division du travail d’encadrement et de direction ? Comment cet espace s’est-il progressivement structuré en spécialités distinctes, avec ses périmètres légitimes (histoire des diplômes, des associations, des revues, des titres…) ? Quel travail d’institutionnalisation a été mené ? Comment ces différentes spécialités équipent-elles aujourd’hui l’activité de ces cadres ? Comment des espaces professionnels se sont-ils constitués et quelle est leur nature ? Leurs dynamiques ont-elles à voir avec les générations, le genre et les origines sociales ? Quelles stratégies sont déployées dans la quête de professionnalisation ? Qu’est-ce que les approches comparatives entre pays et spécialités nous apprennent ? Quelles luttes inter et intra professionnelles peut-on repérer ? Quel est le rôle des syndicats dans ces dynamiques ?

Dans quelle mesure la généalogie de ces groupes de cadres est-elle redevable de la construction sociale des marchés du « management » (avec le marché du conseil, notamment) en France et dans le monde ? Qui sont les acteurs (producteurs, diffuseurs, intermédiaires, acheteurs…) et quel est leur rôle social dans la circulation et diffusion des dispositifs d’encadrement ? Comment comprendre sociologiquement la croissance continue du marché des produits et services managériaux ? Quel travail marchand est mis en œuvre, et quel est le rôle des intermédiaires de marché ?

2. Activité et trajectoires

Par qui sont employés ces cadres ? Quel est leur travail prescrit (description de leurs mandat et tâches), l’organisation et la division sociale de leur propre travail ? Dans quelle mesure est-il rationalisé, taylorisé et même automatisé ? Comment les artefacts, y compris langagiers équipent leur activité ?

Comment font-ils pour en répondre ? Quelles caractéristiques sociologiques retenir de leur travail réel ? Comment interprètent-ils leur situation, ce qu’ils font et réalisent finalement ?

Quel sens élaborent-ils à propos de leur travail ? Quel rapport ont-ils avec lui (temps de travail, émotions, santé, « stress », « bore-out » et « burn-out »…) ? Note-t-on des différences significatives selon le genre, l’âge et en fonction des spécialités ?

Comment ces différentes dimensions de l’activité s’articulent-elles avec les caractéristiques de leurs socialisations primaire et secondaire ? Varient-elles selon les formations, spécialités, âges, ou secteurs d’activité ? Peut-on repérer des régularités historiques et sociologiques quant aux trajectoires sociales et professionnelles des producteurs de dispositifs quant aux diplômes, à la formation continue, à la syndicalisation, aux mobilités (fonctionnelles, géographiques, sectorielles, hiérarchiques et sociales), aux déplacements dans l’espace professionnel ou au-delà, dans les reconversions et la retraite ? Comment leur mobilité joue-t-elle dans leur façon de faire leur travail, dans leurs relations avec les employeurs, mais également avec les employés et ouvriers dont ils encadrent le travail ?

Qu’est-ce que la marchandisation des dispositifs d’encadrement fait à l’activité et aux trajectoires de ceux qui les produisent et les agissent ? À l’inverse, comment activité et trajectoires des producteurs jouent sur la marchandisation des dispositifs et leur diffusion ?

3. Place dans les rapports sociaux

Comme tous les cadres, ceux-ci sont placés entre la direction (ou le conseil d’administration, s’ils sont dirigeants) et les autres salariés. En revanche, ils ne sont pas en relation avec les travailleurs opérationnels que leurs dispositifs encadrent.

Quelles sont alors les problématiques communes ou distinctes d’avec les autres cadres ? Comment occupent-ils leur place dans les rapports sociaux, du point de vue de leur activité, de leurs stratégies relationnelles et de leur socialisation ? Quels rapports et quelles relations de travail ont-ils avec les actionnaires, les conseils d’administration, les dirigeants salariés ? Dans quelle mesure participent-ils de ce monde-là ou y aspirent-ils ? Quels rapports et relations entretiennent-ils avec les managers de proximité, les employés, les ouvriers et leurs représentants ?

Perçoivent-ils des conflits sociaux ? Le cas échéant, quelle interprétation en font-ils ? Sont-ils syndiqués, organisés, militants ? Comment perçoivent-ils et défendent-ils leurs intérêts individuels et collectifs, matériels et symboliques ? Expriment-ils des convictions politiques ? Quelles sont leurs pratiques à cet égard ? Quelles positions prennent des groupes de pensée de dirigeants (catholiques, notamment) ou les syndicats ?

Comment considèrent-ils leur activité et ses conséquences ? Comment les justifient-ils ? Ont-ils à l’inverse des pratiques et stratégies de résistance ? Comment se manifestent-elles ?